Guillaume Joli : "Heureux de débuter une nouvelle aventure"

gj-lesexperts-2014-02-20Après deux saisons à Dunkerque, le spécialiste des jets de sept mètres en équipe de France va quitter la France pour l'Allemagne. Un choix mûrement réfléchi pour l'ailier qui a toujours souhaité goûter à la prestigieuse Bundesliga.

 

 

 

-"Guillaume, un mot, d'abord, sur votre retour aux affaires "domestiques" avec Dunkerque après le titre au championnat d'Europe fin janvier ?
Tout s'est passé très, très vite ! Nous sommes revenus du Danemark le lundi après-midi et dès le mardi j'étais à Amiens avec mes coéquipiers de club. Puis il y a eu la Coupe de la Ligue à Chambéry avant le championnat. Ce n'est jamais évident d'enchaîner comme ça, mais nous n'avons pas le choix.


- Vous avez annoncé votre départ pour Wetzlar en Allemagne. Qu'est-ce qui a motivé votre décision ?
Déjà, je n'avais pas le choix entre beaucoup de propositions. Ensuite j'ai toujours rêve de jouer en Bundesliga qui est le meilleur championnat au monde... Après des contacts qui n'avaient pas abouti par le passé, je suis très heureux d'avoir, cette fois, pu concrétiser les échanges. J'avais déjà découvert la Liga Asobal (le championnat espagnol, ndlr), je suis vraiment heureux de repartir dans une nouvelle aventure a l'étranger. Wetzlar est un club qui se construit petit a petit et qui souhaite encore évoluer au classement au cours des prochaines saisons. Cela va me permettre à nouveau de découvrir une nouvelle façon de travailler, une autre culture, une autre langue et une nouvelle façon de vivre. C'est encore une remise en question, un nouveau challenge très excitant et très motivant que j'essaierai à nouveau de relever.

- Vous allez peut-être retrouver le génie croate Ivano Balic là-bas ?
C'est vrai que Ivano joue à Wetzlar cette année et qu'il est en négociation pour la saison prochaine avec les dirigeants. J'espère qu'il prolongera l'aventure car ce serait vraiment sympa de jouer avec un des plus grands joueurs de tous les temps.
Je ne le connais pas personnellement mais c'est une personne que j'aimerais côtoyer et avec qui je voudrai travailler."

Article publié le 20/02/2014  les
experts
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Guillaume Joli, un palmarès en or, la classe incarnée

ob 2991c8 guillaumejoli-1Du haut de ses 95 sélections, Guillaume Joli est devenu l’un des cadres de l’équipe de France de hand. Humble, souriant et très abordable, le joueur de Dunkerque se livre avec simplicité. Champion Olympique, du monde et récemment d’Europe, l’ailier leader du championnat de France se confie, amoureux de son sport.

Guillaume Joli, tu es un cadre des Bleus, après presque 100 sélections, le plaisir reste-t-il intact ?

Oui toujours, j’ai peut-être moins de pression parce que je connais l ‘environnement.

C’est donc forcément plus facile à appréhender. Mais remettre le maillot bleu à chaque fois c’est une grande fierté. L’année dernière je n’ai pas été sélectionné pour le Mondial, je sais ce que c’est de ne pas être pris, je savoure donc encore plus lorsque je suis dans le groupe.

Un titre européen, un de plus… La rengaine est toujours la même avec l’Équipe de France. Comment expliquer cette longévité au plus haut niveau ? Une recette miracle ?

La formation française est très bonne, on a la chance de sortir des gros joueurs. Tous les pôles espoirs et centres de formation sont bons. Grâce à cela, un maximum de joueurs peuvent tendre vers le plus haut niveau.

Une recette miracle non je ne pense pas (rires), un message et un état esprit se transmettent aux nouveaux joueurs, c’est le rôle des cadres. Les anciens sont toujours garants de ça. On a également la « chance » d’avoir un sport un peu moins médiatisé, avec un peu moins d’argent, les gens sont un peu plus naturels. Nous sommes comme une grande famille dans un milieu associatif.

Champion d’Europe, Champion du monde, champion olympique… Quel est ton meilleur souvenir en bleu ?

Les JO, c’est la compet dont on rêve. J’ai commencé à rêver d’Équipe de France lors des JO 92 (médaille de bronze pour l’EDF), c’était tellement énorme.

Le podium des jeux est incontestablement mon meilleur souvenir. La préparation est plus longue, il y a une longue période de vie commune. Ça veut dire également qu’il faut se supporter ! (rire). En gros, c’est plus de 3 mois avec les copains. Puis les JO c’est exceptionnel. Chacun est dans sa compet, mais on a l’occasion de discuter et partager avec les autres athlètes. Il y a vraiment un esprit bleu, tout le monde est solidaire.

La médiatisation n’est pas toujours positive ces derniers temps dans ton sport (l’histoire du plateau télé démonté, celle des paris)…

On aime jamais quand on parle de notre sport négativement… Mais c’est la vie d’un sport, tout ne peut pas être rose tout le temps. Mais regardez l’Euro, on a vu qu’on pouvait rassembler du monde, une nouvelle fois. Pour le reste (les côtés négatifs) on sait que ça dure 6 jours et puis, ça redescend. Ca fait du bien de s’éloigner de tout ça et de se retrouver un peu seul après. C’est aussi le côté positif de la « sous-médiatisation » dans notre sport.

Tu viens de signer en Bundesliga, à Wetzlar, l’apogée dans la carrière d’un handballeur ?

C’est le meilleur championnat du monde. L’apogée je ne sais pas, j’ai vécu une très belle aventure en Espagne pendant deux ans (à Valladolid). On a la chance de vivre des aventures comme ça avec ce métier. Je vais déjà me lancer le défi de parler allemand le plus vite possible. J’aurai la chance d’avoir jouer dans les trois plus grands championnats européens. L’Allemagne ça sera quelque chose de nouveau, c’est aussi important pour se remettre en question. En Allemagne tous les week-ends c’est minimum 4500/5000 places dans les salles et ça monte vite. Il y a l’odeur de matches internationaux lors de chaque rencontre. C’est un rêve.

Qu’est ce que tu penses du PSG et de l’arrivée des investisseurs ?

C’est une bonne chose d’avoir des investisseurs dans notre sport. Ça permet de voir une très belle équipe en D1, les médias accordent donc plus d’importance au Hand. Mais il ne faut pas que l’arrivée de l’argent et des médias en masse fasse perdre à notre sport les valeurs qui lui sont propres.

Et ce PSG ne te fait pas peur, puisque tu es en ce moment leader de D1…

C ‘est vrai que ça se passe très bien pour nous en ce moment. Il faut continuer à mener notre petit bout de chemin pour avoir une belle surprise à la fin de l’année.

Avec Dunkerque c’est avant tout une très belle aventure humaine. Ce qui permet de compenser le manque de qualité dans certains secteurs de jeux (attention tout est relatif). Tout le monde tire dans le même sens.

Sur un plan personnel j’ai envie de bien finir avec ce club. Si nous arrivons à qualifier le club pour la prochaine ligue des champions ça serait exceptionnel, surtout par rapport aux pronostics de début de saison. On nous promettait une année compliquée, nous sommes contents de prouver que ce n’est pas de la chance mais que nous devons aussi notre parcours à nos qualités.

Beaucoup devraient s’inspirer d’un tel état d’esprit. Comme quoi le sport garde énormément de valeurs…

Merci pour cette disponibilité, cette gentillesse et cette bonne humeur Guillaume.

Une excellente continuation

La bise

Clém

Guillaume Joli, un palmarès en or, la classe incarnée
 
Article publié le 19 février 2014 ob 214524 img-2749 Le Grand Mix de Clém

Direction l'Allemagne...

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C’est officiel depuis ce vendredi 14 février 2014, je pars pour l’Allemagne, plus précisément pour Wetzlar, l’été prochain. Après deux ans passés dans le Nord à Dunkerque et une participation à la Ligue des Champions décrochée cette année, je porterai le maillot de l’actuel 12ème de la Bundesliga pour les trois prochaines saisons.